Archive pour août 2010

PLM 2.0

11 août 2010

L’étrange expression PLM 2.0 est apparue il y a quelque temps sur les plaquettes des vendeurs, qui donnerait à penser que le PLM est une sorte d’application qui, au fur et à mesure de son versionnement, procure toujours plus de fonctionnalités. Quoi de plus naturel de considérer que le PLM 2.0 contient plus de choses que le PLM 1.0, en l’occurrence, et si j’ai bien compris la manipulation, des solutions facilitant la collaboration, du genre réseaux sociaux ou communautés d’intérêts…

Pour ma part, je préfère évoquer des niveaux de bonnes pratiques, un peu comme CMMI le propose.

Un premier niveau du PLM serait concentré autour de la gestion des modèles de conception, ce que l’on appelle classiquement la gestion de coffre.

Le deuxième niveau du PLM aborderait la problématique de la gestion de la configuration.

Un troisième niveau contiendrait la gestion de programmes.

Tiens, oui, je serais très intéressé par un modèle de pratiques sur le PLM, un PLM-CMMI…

Et vous ?

Conception (Design) et Ingénierie (Engineering)

4 août 2010

Le monde du PLM fait souvent mention des termes Conception et Ingénierie, particulièrement en anglais sous les formes Design et Engineering : CAO et CAD (conception assistée par ordinateur, computer-aided design), nomenclature et EBOM (engineering bill of materials). Essayons de comprendre ce que recouvrent ces notions et de cerner leurs différences, en restant intentionnellement dans leurs acceptations en français.

Faire de la conception, ou concevoir, c’est donner une forme à un concept. Un concept est une idée immatérielle, sans forme. Le terme de forme employé ici ne correspond pas à son acceptation réduite à la mécanique , la forme géométrique (shape en anglais), mais plutôt au sens de “ce qui permet de distinguer une chose du fond” (pattern en anglais). On parle d’ailleurs en français de la forme et du fond.

Donner une forme à un concept, c’est le modéliser, construire un modèle pour ce concept. Modéliser un concept permet de le manipuler, de le transmettre au moyen de sa forme, car le concept seul, informel, ne se manipule pas, et ne se transmet pas.

En employant des termes PLM, on dira que le processus de conception a comme résultats, artefacts ou produits d’activité, des modèles de conception: dessins, plans papier, diagrammes, notes de calcul, spécifications, modèles 3D, modèles aux éléments finis, schémas, etc.

L’ingénierie est la discipline de l’ingénieur. Dans son sens premier, l’ingénieur construit des machines ou des ouvrages. En fait, l’ingénieur conçoit des machines ou des ouvrages, qui vont être réalisés, c’est-à-dire fabriqués ou produits, à partir de matières premières ou de composants achetés chez des fournisseurs. L’ingénierie, c’est de la conception en vue de la production.

Toujours en parlant PLM, le processus d’ingénierie, en tant que que processus de conception, a les mêmes artefacts déjà cités; mais sa coloration “en vue de la production” apporte des modèles spécialisés : liste de fournitures, nomenclature, gammes de fabrication, gammes d’assemblage, liste d’outillages, procédures d’intégration, procédures de maintenance, procédures de recyclage, etc.

Tous ces modèles d’ingénierie sont construits par les spécialistes différents, disons des ingénieurs différents, qui apportent chacun leur modèle pour constituer, pierre après pierre, ce que nous nommons, en parlant PLM, la définition du produit, ce qui permet de distinguer le concept du produit du fond informe.

La définition du produit est une sorte de méta-modèle composé de tous les modèles d’ingénierie élaborés par les ingénieurs, les concepteurs en vue de produire.

La méta-discipline qui conçoit l’organisation des ingénieries en vue de les mettre en place, l’ingénierie de l’ingénierie, c’est bien ce que nous nommons le PLM, non ?


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