Archive pour juillet 2010

Configuration et EBOM

9 juillet 2010

Le sujet central du PLM est certainement la gestion de configuration. La configuration d’un produit, c’est sa composition, c’est clair. L’objectif de la gestion de la configuration d’un produit, c’est donc être capable à tout moment d’en donner sa composition.

Mais la composition d’un produit, n’est-ce pas sa nomenclature ? La nomenclature, comme son nom l’indique, c’est la liste des noms des composants d’un produit, donc la liste des composants par leur nom.

Quelle est alors la différence entre configuration et nomenclature ? Simplement le fait qu’une nomenclature est statique, une expression à un instant donné, alors que la configuration est dynamique : sous l’impact d’une  modification, certains composants du produit évoluent et d’autres non.

Maîtriser la configuration d’un produit, c’est maîtriser les évolutions de sa composition, c’est-à-dire les évolutions de sa nomenclature, soumise aux flux des modifications.

Si nous revenons maintenant dans le cadre du PLM, nous ne nous intéressons qu’à la définition de ce qui doit être produit, le produit.

La composition du produit en objets matériels, ou plus brièvement en matériaux, est la nomenclature industrielle. Pour chaque matériau qui doit être produit, et ceci est valable pour le produit lui-même, sa nomenclature industrielle est la liste des matériaux à produire, produire s’entendant au sens large, soit “à fabriquer” ou “à se procurer”.

En anglais, un matériau est un material, une liste de matériaux est une bill of materials. Le mot bill, addition, renforce bien la notion de “matériaux à se procurer pour fabriquer quelque chose”. Une nomenclature industrielle est une Engineering Bill Of Materials, une EBOM. Le terme engineering fait référence au métier de l’ingénieur, l’ingénierie en français, l’activité qui consiste à concevoir quelque chose en vue de le produire. Nous sommes donc bien au cœur du sujet, et le fait que le sous-titre de ce blog sur le PLM soit l’ingénierie de l’ingénierie n’est pas rien qu’une coïncidence.

Nous entendons partout dans les milieux autorisés du PLM qu’il y aurait plusieurs BOMs : des RBOM (requirements pour exigences), des EBOMs (études, électrique, électronique…) , des CADBOMs (ça c’est facile), des MBOMs (manufacturing, bien sûr !) et sa cousine la PBOM (production) et encore d’autres xBOMs…

Les plus avisés discutent des structures de décomposition, les Breakdown Structures, qui en sont les sources à plusieurs niveaux: RBS, SBS, FBS, PBS, LBS, xBS… Il faut bien s’amuser un peu, non ?

Je pense pour ma part qu’il n’y a qu’une seule BOM, de laquelle il importe de maîtriser la construction, la publication, et les évolutions au cours du cycle de vie du produit : la EBOM, la nomenclature industrielle, la liste des matériaux à fabriquer ou à se procurer pour produire.

Je suis sûr que le plus grand enjeu du PLM est la maîtrise de la configuration industrielle d’un produit, c’est-à-dire des évolutions de sa nomenclature industrielle, sous le flux des modifications de sa définition.

Du point de vue outils, ceci apporte quelques contraintes :

  • il faut distinguer la EBOM des autres xBOMs
  • il faut implémenter le processus de gestion des modifications
  • il faut coupler les modifications aux états successifs de la EBOM
  • il faut relier les modifications aux possibilités de produire – toute modification de la EBOM n’est pas applicable immédiatement en production

Du point de vue organisation, la nomenclature industrielle est construite par le bureau des méthodes industrielles, en collaboration avec le bureau d’études. En effet, seul le bureau des méthodes est capable de connaître la liste des matériaux à fabriquer ou à se procurer pour produire, car celle-ci est le résultat de l’étude des procédés de production en rapport avec l’organisation responsable de cette production.

Un des grands défis de l’ingénierie de l’ingénierie, dit PLM,  n’est pas dans les mains des bureaux d’études et de leurs outils de conception, fussent-ils assistés par ordinateur, mais dans les mains des bureaux des méthodes industrielles, par la maîtrise de la configuration industrielle, dite EBOM, et je crois que ce fait doit ébranler beaucoup de convictions, je dirais même de croyances, bien établies dans le milieu.

Et vous, à quoi croyez-vous si je vous dit “configuration et EBOM” ?


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