Qu’est-ce qui fait que une architecture orientée services, SOA in english, permettrait de favoriser la conception collaborative d’un produit ?
Depuis bien longtemps, la conception de produit est de la responsabilité d’une équipe plutôt que de celle d’un individu isolé. L’essor des bureaux d’études au siècle dernier est lié au développement de la conception réglée, sur la base de construction de plans et de schémas.
La transition plans papier vers plans électroniques lorsque les bureaux d’études se sont équipés d’outils de dessin assisté par ordinateur pour remplacer les traditionnelles planches à dessin n’a pas vraiment amené de révolution dans l’organisation des BE. Tout juste a-t-on automatisé les armoires à plans par des coffres électroniques à base de gestionnaires de documents.
Aujourd’hui je crois que nous vivons réellement quelque chose de plus important, et je pense que c’est ce qui se cache derrière l’expression de conception collaborative (collaborative engineering) que nous entendons à tout bout de champ : nous savons qu’un produit ne se conçoit pas qu’au bureau d’études (mécanique). Les concepteurs sont aussi les ingénieurs systèmes, le marketing, les ingénieurs calcul, les spécialistes des autres disciplines (électrique, électronique, logiciel, hydraulique etc.), les méthodistes, le soutien logistique, car nos produits sont de plus en plus complexes.
Le partage des concepts et des connaissances entre tous ces intervenants (stake holders) de la conception ne peut plus se satisfaire de documents, le langage du document est trop pauvre.
Seul le partage de modèles (ou de portions de modèles) peut être le support de la conception multi-discipline (ou multi-métier). Le langage du modèle est riche et capable de véhiculer ces concepts et ces connaissances.
Dans une vision systémique des organisations, les composantes du développement (engineering) se diversifient et se spécialisent pour être plus efficaces et plus réactives (agile). Les acteurs du développement se complexifient pour développer des produits complexes.
L’architecture orientée services permet de se transmettre des portions de modèles en accroissant les interactions entre les acteurs du développement.
C’est pour cela qu’une solution PLM d’aujourd’hui ne peut plus être basée sur un format de données “à-la-documentaire”, statique et rigide, mais sur la multiplication des formats d’échange pour faciliter le dialogue entre les disciplines du développement.
Et comme l’activité principale du concepteur est la construction de modèles à partir de concepts et de connaissances, et comme je suis convaincu que le PLM est le développement du développement (voir billet précédent), modélisons, mes amis consultants PLM, des systèmes basés sur des composants diversifiés et spécialisés qui interagissent les uns avec les autres, et avec leur environnement au moyen d’une architecture qui favorise les partages de modèles.